Interview entre presta’ – Gisele & Simone

As-tu déjà pris l’apéro avec tes mariés ?

Laure nous confie : « Ça m’arrive de prendre l’apéro avec mes mariés, mais c’est rare. C’est plutôt après le mariage. Comme on s’est vus plusieurs fois, il y a une certaine complicité qui se crée. Avec certains couples, on garde un beau lien et on se revoit après pour des apéros
mémorables. »

Quand une mariée vient te voir pour créer sa robe, combien de temps cela dure ?

Ça dépend si elle s’y prend longtemps à l’avance ou pas. En général, c’est une bonne année.
On se voit quatre fois sur un an, et puis il y a les appels, les textos… à n’importe quelle heure.
Je préviens toujours que le sur-mesure, c’est une aventure, mais c’est aussi une relation. Si les mariées sont stressées à 10h30 et que je suis disponible pour répondre, pas de problème, elles peuvent me joindre. Tant que c’est agréable et que ça se fait dans la bonne humeur, il n’y a pas de soucis. Il ne faut pas perdre le sommeil pour une petite question, alors je réponds tout de suite.

L’Importance de la Robe de Mariée

La robe de mariée, c’est vraiment un sujet crucial. C’est souvent le rêve de petite fille, l’élément le plus important pour la mariée. La vision de princesse qui évolue avec le temps.
Laure confie d’ailleurs « Moi-même, quand j’étais petite, je rêvais de cette robe de princesse. »

L’Évolution du Rêve de Robe de Mariée

 

Très souvent en vieillissant, les goûts évoluent et la robe de princesse laisse place à quelque chose de plus sobre ?

Oui, ça dépend des filles et des tempéraments. Quand on est plus jeune, on a souvent ce rêve de princesse. Mais quand on se marie un peu plus tard, on veut moins être déguisée et davantage être soi-même. En vieillissant, on a tendance à se poser la question : qui suis-je
vraiment, et est-ce que je peux me permettre ce genre de robe ?
Lorsque les mariées essayent leur robe, je leur conseille toujours de venir avec des gens qui les connaissent bien. De mon côté, je les aide pour choisir la coupe la plus adaptée à leur morphologie et la famille davantage pour ce qui leur ressemble. Les premiers essais ne sont pas toujours évidents, elles sont souvent stressées. C’est pourquoi je leur dis toujours : soyez vous-mêmes, il faut que la robe vous ressemble. Si elles se sentent belles et bien, c’est là qu’elles rayonneront.

Faire Face aux Complexités.

T’en as qui parfois, c’était hyper compliqué de les faire se sentir bien ?
T’es-tu déjà retrouvée avec une mariée qui n’avait pas confiance en elle et pour laquelle
les essayages étaient compliqués ?

Ça m’est arrivé quelques fois. On trouve toujours des astuces. Parfois, elle se sente mal à l’aise à cause d’un complexe. Dans ce cas, on cache cette partie et on met autre chose en avant. Il y a aussi des moments où les avis des autres peuvent mettre des doutes. Ces avis sont souvent basés sur leurs propres goûts plutôt que sur ce que la mariée dégage. Cela peut compliquer les choses, mais on finit toujours par trouver la solution pour qu’elle se sente bien.
Alors qu’au final, il n’y avait pas de doute au début. 

Lorsque les mariées franchissent les portes de Gisèle et Simone, elles arrivent assez confiante sans trop de doute ?

Si, il y en a toujours, parce qu’on n’essaye pas une robe de mariée tous les jours, comme on va s’acheter un jean ou une fringue. Donc évidemment, quand elles arrivent, elles ont des doutes, surtout en sur-mesure. Car j’ai moins de robes. Tu ne peux pas faire essayer 10 000 robes.
Dans mon atelier j’ai une robe de chaque coupe. J’ai différentes matières pour voir si elles aiment la dentelle ou pas, ou quelque chose de très sobre. Donc j’ai un peu de tout pour qu’elles puissent se projeter. Pendant le rendez-vous, j’épingle les matières sur elles. En fait, je crée un peu la robe aux épingles et là, elles arrivent à se projeter. C’est hyper important.

La Première Rencontre avec la Robe

Mais du coup, si elle commence par moi, par le sur-mesure, au début, elles aiment bien mais ne savent pas si ça leur va. Il y a toujours des doutes. Parce que, comme tu dis, ce n’est
pas comme un jean. Tu pars d’un truc que tu n’as jamais essayé normalement dans ta vie avant. Et donc, tu ne sais pas vers quoi aller. Tu arrives, tu te dis ‘super, c’est délicat.' »

Et ça fait bizarre la première fois où on se voit dans une robe de mariée ?

Il y en a, c’est vrai, pas mal de filles me disent ‘là, je me sens déguisée ‘ ‘Ce n’est pas moi’. Il ne faut absolument pas qu’elles aient cette sensation-là. Au contraire, elles doivent se sentir elles-mêmes pour rayonner.

Origine du Nom Gisèle et Simone

 

Du coup, la question que tout le monde se pose : pourquoi Gisèle et Simone ?

Alors Gisèle et Simone, il faut savoir je n’aie pas appris la couture à l’école, je n’ai pas fait d’école de styliste. J’ai appris avec mes grand-mères, qui étaient couturières, elles m’ont appris les bases à patronner, à coudre. Ensuite, en autodidacte, j’ai évolué et appris toute seule. Mes
grand-mères s’appelaient Gisèle et Simone. Je voulais leur rendre hommage en créant ce nom.
Elles n’avaient pas de magasins, elles travaillaient à la maison pour des clients. Comme j’ai été beaucoup gardée par mes grand-mères, j’ai baigné dedans. C’était la totale : couture, crochet, tricot…De vraies petites grand-mères ! J’ai commencé avec le point de croix, puis le crochet, le tricot, tout ça, c’était la couture.

Patience et Freestyle

Qui se cache derrière les robes de Gisèle et Simone, et comment tout a commencé ?

J’ai 44 ans et cela fait plus de 10 ans que je suis à Marseille. Avant de débarquer ici, j’avais un magasin de skate à Grenoble. Rien à voir avec la couture ! Mais en arrivant à Marseille, il fallait que je fasse quelque chose. J’ai donc décidé de reprendre la couture, de ce que je savais
faire grâce à mes grand-mères. J’ai commencé par faire des retouches pour des gens qui avaient besoin, puis j’ai rencontré des petits créateurs pour lesquels je faisais le patronage.

Une Nouvelle Opportunité

Un jour, mon compagnon de l’époque m’a passé un message disant qu’une boutique de mariés cherchait d’urgence une couturière en pleine saison. J’ai décidé de tenter ma chance. J’ai rencontré Jessy, qui m’a fait confiance malgré mon manque d’expérience dans la robe de mariée. J’ai commencé par faire des retouches, puis j’ai évolué vers la création sur mesure.
C’est comme ça que j’ai commencé à faire des robes de mariée sur mesure.

Adaptation et Apprentissage

Ça n’a pas été trop dur au début ?

C’est un métier différent, mais les principes de base sont les mêmes. La principale difficulté vient des tissus des robes de mariée, qui sont souvent fins et glissants, nécessitant beaucoup de travail à la main. Avec le temps, on apprend à maîtriser ces matières et à ajuster les patrons
pour chaque cliente.

Le Passage à l’Indépendance

Jessy a fini par fermer sa boutique pour se concentrer sur un domaine de mariage. À ce moment-là, je me suis demandé quoi faire. J’avais déjà établi un réseau dans le domaine du mariage, et c’était connu que je faisais les robes sur mesure. Alors, j’ai décidé de lancer mon
propre atelier. Même si ce n’était pas prévu au départ, ça a été une évolution naturelle.

L’Identité de Gisèle et Simone
Qu’est-ce qui fait le succès de tes robes ?

Je pense que mes robes attirent des femmes qui savent ce qu’elles veulent et qui s’assument.
Elles recherchent quelque chose d’élégant, raffiné, mais sans être trop guindé. J’aime qu’elles se sentent bien et qu’elles vivent une expérience cocooning lorsqu’elles viennent chez moi.
Mon approche est de créer des robes sur mesure qui reflètent leur personnalité.

La Clientèle de Gisèle et Simone

J’ai une clientèle de femmes assumées, souvent plus âgées, qui ne se laissent pas dicter par les opinions des autres, y compris des mamans. Elles viennent chez moi parce qu’elles veulent quelque chose de spécifique, qui reflète leur style et leur personnalité. Mon objectif est
toujours de les faire se sentir belles et elles-mêmes dans leur robe.

Un Atelier Accueillant

Je veux que mon atelier soit un lieu accueillant, où les mariées se sentent à l’aise et non jugées. J’aime le côté rock’n’roll et épuré de mes créations. Cela attire des clientes qui apprécient cette esthétique. Bien sûr, j’accueille aussi des femmes avec des styles différents, mais elles viennent parce qu’elles aiment mon approche unique de la couture sur mesure. »

Quel est le processus de création ? Comment ça va se passer sur l’année qu’on va voir ensemble ?

Alors, le processus de création, quand tu viens me voir si tu es une future mariée, on se voit une première fois, et là, on va définir ce que t’as, tes envies, tes envies de robe. Ça dure une grosseur et demie, le premier essai, c’est la première fois qu’on se voit. Et c’est là où on passe des robes, on passe des formes, on passe des matières. Et souvent, mes collections, j’ai travaillé en deux morceaux, le haut et le bas. Mais parce qu’on peut switcher, tu vois, elles me disent finalement j’aimais bien la jupe comme ça et le haut comme ça, le décolleté comme ça.
Donc tout doucement, pendant les essayages, on avance, on essaye de la matière brillante, de la dentelle. Et souvent, elles choisissent leur jupe et après, c’est là que moi, j’interviens un peu plus et où je vais leur mettre des matières sur la peau. Parce que finalement, elles peuvent
mettre une dentelle et une fois sur elles, elles n’aiment pas. Et on change et on cherche. Est-ce qu’on met de la dentelle ? On ne met pas de dentelle, bustier, décolleté. Enfin, on travaille la forme et j’épanque tout sur elle. Et il y a un moment donné où elles me disent, ah ouais, ça, c’est celle-là et c’est cette forme.

Dès le premier rendez-vous, finalement ?

Ouais, après, on peut retravailler les détails, mais souvent on ne change pas. Une fois qu’elles ont la forme globale et les matières, ça part. Moi, je prends quelques jours après pour leur faire le croquis. En fait, je fais un croquis où j’intègre mes matières dedans. Comme ça, elles peuvent un peu plus se projeter avec le devis. Je leur envoie par mail. Et si c’est OK, là, on signe le banc de commande.
Dès le premier rendez-vous, on prend toutes les mesures nécessaires. Je fais un patron spécifique aux mensurations de ma cliente. Chaque robe est vraiment unique, je fais un patron par fille. Ensuite, elles essayent une toile, c’est-à-dire une version de la robe montée dans un coton bas de gamme, le coton pyjama. Cela me permet de valider le patronage sans utiliser les matières coûteuses comme le satin ou la dentelle.

Quelles sont les étapes après la toile ?

Une fois que la toile est validée, on commence à travailler avec les vraies matières. Ensuite, il y a les ajustements, les ourlets, et les petits détails. L’avant-dernier rendez-vous est crucial : on vérifie les ourlets et les ajustements finaux, surtout si la cliente a perdu un peu de poids juste avant le mariage. Et enfin, le dernier rendez-vous, où la robe finie est essayée. On s’assure que tout est parfait et on voit comment attacher la traîne.

Qu’en est-il des fluctuations de poids avant le mariage ?

C’est vrai que le stress peut faire maigrir les futures mariées, et souvent je dois rétrécir la robe. Agrandir la robe est plus compliqué car il faut ajouter de la matière sans que cela se voie. Mais on fait face à tout type de situation, même si elles prennent un peu de poids, on trouve toujours une solution !

 

Donc si tu devais endosser le rôle d’un autre prestataire, lequel ce serait ?

 

La couture, c’est une passion qui m’anime depuis toujours. En fait, avant de plonger dans le monde du mariage, c’était déjà ma principale motivation. Travailler dans ce milieu est une combinaison parfaite pour moi, car cela mixe ma passion pour la couture avec l’énergie positive qui règne généralement autour des mariages. La plupart des gens sont heureux et euphoriques à l’idée de se marier, et ça rend l’expérience encore plus gratifiante. Cependant, mon amour pour la couture dépasse celui pour les robes de mariée. Si je devais changer de voie, je resterais dans la couture mais peut-être en explorant d’autres horizons.

Et du coup justement, est-ce que tu vois des perspectives d’évolution dans ton métier aussi bien de façon générale dans la robe et pour toi en tant que marque ?

Il y a plusieurs façons d’évoluer dans le monde de la robe de mariée. J’ai déjà commencé à agrandir mon atelier et à travailler avec d’autres personnes. Une autre option serait de créer une collection de prêt-à-porter et de la distribuer dans d’autres boutiques. Les accessoires sont également une possibilité, bien que ce soit un marché déjà bien saturé. Mais ce qui me plaît le plus, c’est de continuer avec du sur-mesure tout en ayant une équipe plus grande. Cela permettrait de prendre plus de mariées et de gérer un atelier plus dynamique.

Quelles sont les potentiels difficultés à affronter en tant que solo preneur, auto- entrepreneur ?

Être un solo-preneur a ses défis. Travailler seule peut être concentré et productif, mais la gestion administrative et comptable est un autre métier à part entière, et ce n’est pas le mien.
C’est pourquoi je fais partie d’une coopérative qui m’aide à structurer et à gérer ces aspects.
Cela me permet de me concentrer sur ce que j’aime vraiment : la création de robes.

L’Importance de l’Empathie

Quelles qualités sont nécessaires pour toi dans le monde du mariage ?

 

L’empathie est une qualité essentielle dans le monde du mariage. Les mariées doivent se sentir uniques et spéciales, même si je travaille avec plusieurs clientes en même temps. Mon objectif est qu’elles sortent de ma boutique avec le sentiment d’avoir vécu une expérience
exceptionnelle.

Est-ce que pour toi, travailler dans le Sud, c’est un avantage d’avoir l’atelier à Marseille ou en Provence, plutôt que dans une autre région ?

Alors peut-être que je vais dire une bêtise, parce que je n’ai pas cherché plus loin que ça.
Mais je pense que oui, et surtout à Marseille. Car déjà dans le sud, il y a certainement plus de mariages, donc plus de mariés potentiels. Notamment à Marseille, vraiment, je trouve que Marseille, depuis quelque temps, c’est un petit peu le vent en poupe. J’ai des filles qui travaillent à Paris, qui vont se marier dans le sud, qui viennent faire la robe ici, alors qu’à Paris, elles ont tout.

Je dirais qu’elles ont les plus grandes créatrices françaises. Enfin elles trouvent tout à Paris et elles viennent ici. Et franchement ça c’est vrai, on est vachement fiers quand même.
Je pense que tu peux trouver encore moins cher qu’à Marseille, ça c’est sûr, à Paris, parce qu’il y a beaucoup de choix. Mais si tu veux passer par une créatrice parisienne qui est un peu connue, je pense qu’on est moins cher à Marseille. Mais ce n’est peut-être pas le prix qui est le motif, c’est plus ce côté… L’ambiance, la chaleur… Bon bah très bien. 

Et bah écoute, on arrive à la dernière question, je me retourne vers toi, donc… Tu as été incroyable !

Quel le prestataire tu me recommanderais pour un prochain apéro ?
Pour ceux qui cherchent des accessoires modernes, je recommande vivement Paviot createur. Ils sont présents sur tous mes shootings et j’adore leur travail. Pour des bijoux, Cathy du Baiser de la Mariée est une émergente prometteuse. Enfin, pour des voiles et de la broderie d’art,
Manon Ponçon est une véritable artiste avec des doigts de fée.

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